Bouhyer à Ancenis

Bouhyer  à  Ancenis 2016:

MAI : « ça sent le règlement de compte. On veut cas­ser le mouvement syndical au sein du groupe».

Cela ressemble à ce qui s’est passé en 2003 mais la direction aurait pris, cette fois-ci, son temps avant de procéder aux licenciements, histoire de se donner une virginité…

Devancerait-elle la « loi travail » ? Puisque la raison invoquée du licenciement ne serait autre qu’une « raison personnelle », du jamais vu dans l’histoire syndicale !

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Bouhyer : nouvelle grève et sale ambiance Climat délétère à la fonderie d’Ancenis qui s’enfonce dans la crise sociale. Des sanctions disciplinaires ont mis le feu aux poudres. O-F

Dès la matinée d’hier, les grévistes bloquaient les accès pour la livraison des camions. Un blocus constaté par un huissier de justice.
Entre les salariés et la direction, le courant passe décidément mal. Quand il n’est pas coupé. Ce qui semble être le cas depuis hier, où l’entreprise a vécu une journée de grève. Une journée qui vient s’ajouter aux dix jours de cessation d’activité, rencontrés lors de la deuxième quin­zaine de mars.
En mars, le conflit reposait officiel­lement sur des questions d’organisa­tion du travail, les salariés déplorant une charge de travail mal répartie pour des effectifs insuffisants. Sans parler de la pénibilité de la tâche re­posant sur un salariat vieillissant.
Durant près deux semaines, le mouvement social aura été marqué par un dialogue de sourds et un cli­mat particulièrement pesant. À l’issue du conflit, la direction s’était engagée sur une promesse de médiation via l’Agence régionale pour l’améliora­tion des conditions de travail (Aract). Ce travail de médiation est effective­ment entamé depuis le 11 mai.
« ça sent le règlement de compte »
Mais dans le même temps, le groupe ancenien procédait à trois licencie­ments coup sur coup. En outre, selon les délégués, « quatre à cinq cour­riers  » de convocation pour un en­tretien préalable à une sanction sont également partis dans les boîtes aux lettres. une déclaration de guerre pour l’intersyndicale, qui note, par­mi les trois licenciés, la personne de Jean-Yves Guérin. « Dix-huit ans dé­légué syndical, sur vingt-cinq ans de boîte « , s’insurge son successeur cédétiste, Icham Chafi.
Pour lui, comme son homologue de la CGT Claude Gaudin, au lende­main du conflit de mars, « ça sent le règlement de compte. On veut cas­ser le mouvement syndical au sein du groupe».
Dans un communiqué, la direction répond que « les procédures disci­plinaires en cours sont gérées dans le respect du règlement intérieur [ … ] Les licenciements prononcés l’ont été sur la base de faits relevés avant le dernier conflit collectif »,
 » Prétexte « , rétorque en substance Icham Chafi, qui relève que cette sé­rie de sanctions disciplinaires n’avait encore jamais eu lieu. Hier, le mouvement de grogne a donc pris la forme d’une « journée morte », Soit une grève du personnel de produc­tion « suivie à 90 % des 130 sala­riés », agrémentée d’un blocage des entrées pour les poids lourds. Pour la suite?  « Nous allons voir comment poursuivre l’action » , glisse le dé­légué CFDT. Et de marteler leur dé­termination à obtenir la réintégration des licenciés et la levée du courrier disciplinaire.

MARS:

Ancenis : la fonderie Bouhyer en grève

Le mouvement a débuté lundi 14 mars en fin de matinée au terme d’une réunion de négociation stérile aux dires des syndicats. CFDT et CGT réclament une diversifiation de la production pour sauver les emplois et une augmentation générale des salaires.

Bouhyer à Ancenis

Les salariés de la production ont installé un piquet de grève devant l’entreprise

  » Les arrêts de travail se multiplient », constate Claude Gaudin, le délégué CGT. Même son de cloche chez son collègue. « Comment voulez-vous motiver des salariés quand le salaire reste au plus bas, à peine plus haut que le SMIC, » raconte Hicham Chafi de la CFDT. « Les conditions de travail sont naturellement difficiles dans la fonderie mais là c’est de pire en pire, on manque de salariés et la polyvalence exigée épuise les gens. »

Un contexte de concurrence mondialisée

Il y a quelques années encore, la fonderie Bouhyer qui produit des contrepoids pour les engins de chantier et les chariots élévateurs se battait face à une concurrence européenne. Entreprise familiale rachetée en 2007 par le PDG actuel Alain Mimouni, l’entreprise a commencé à souffrir de la mondialisation en 2010. Les donneurs d’ordre sont allés chercher des prix plus bas en Chine, au Brésil ou en Pologne. Selon La CGT la production est passée de 5000 t à 3500 t par mois. « Il faut diversifier la production constate Claude Gaudin, nous consacrons trop de budget à nous débarrasser de déchets de fonte qui pourraient être réutilisés. Cette diversification pourrait créer des postes plus doux pour ceux qui sont « cassés » par le métier. »

Des avancées insuffisantes

De son côté, la direction de l’entreprise explique dans un communiqué qu’elle a déjà accordé une augmentation de sa part de prise en charge de la mutuelle, une embauche de 13 CDI et une prime de présence. Une prime qui scandalise Hicham Chafi. « Le salarié en arrêt de travail n’a pas choisi d’être malade ou fatigué par la dureté de son poste et en plus il perd sa prime de présence ! »

Le mouvement se poursuit, 96 % de grévistes à la production selon les syndicats. L’entreprise exporte la plus grande partie de sa production précise la direction qui ajoute : « L’impossibilité de livrer les clients pourrait avoir des conséquences importantes sur l’établissement d’ANCENIS. »

Vers un accord

Malgré une reprise du dialogue entre grévistes et dirigeants et quelques avancées, le conflit social perdure au sein de la fonderie. On s’achemine vers une troisième semaine de grève.

Neuf jours… de mémoire de gréviste, jamais un conflit n’avait duré aussi longtemps chez Bouhyer. « L’entreprise, j’y suis depuis 88. La plus longue grève que j’ai connue, c’était cinq, voire six jours », avance le délégué syndical CGT, Claude Gautier.

Un « record » dont l’entreprise se serait bien passée. En 2013, trois jours de grève auraient coûté 400 000 € au groupe, avance une source syndicale. Ce matin, l’entreprise devait entamer son dixième jour. Côté salaire, c’est aussi « la douloureuse » pour les grévistes : « 100 € par jour pour un salaire moyen », estime le délégué CFDT, Hicham Chafi. Même si la solidarité syndicale extérieure doit jouer.

La question financière est l’une des pierres d’achoppement à la résolution du conflit. Depuis mercredi, les deux parties ont repris les discussions. Où il est question d’une prise en charge partielle de jours de grève. « Nous réclamons deux jours payés », rapporte Claude Gautier. Refus de la direction hier. Même si une discussion sur ce point pourrait avoir lieu ce matin.

Vers un « audit » ?

Autre point de blocage : la mise en place d’une table ronde que la délégation syndicale appelle de ses voeux. Avec, autour de cette table, « dans un endroit neutre », des représentants de la direction de travail et de l’État, à qui « le groupe doit rendre des comptes », glisse en substance les délégués CFDT et CGT. Allusion aux différentes aides et crédits (CICE,) dont Bouhyer aurait bénéficié.

En échange, les grévistes consentiraient à lâcher du lest côté salaires, les syndicats ne parlant plus de retour sur les négociations annuelles obligatoires de décembre dernier et qui s’étaient conclu par un gel.

En outre, les salariés auraient obtenu un accord verbal sur la tenue « d’un diagnostic réalisé par un organisme extérieur », rapporte Hicham Chafi. Un état des lieux qui porterait sur les conditions de travail, son organisation au sein des ateliers de production, la formation, la progression de carrière,… Autant de points qui sont au coeur des revendications des salariés en grève.

« Mais pour le moment, ce n’est qu’un accord verbal, sans assurance ni précision », nuance Claude Gautier. Et pour lui, comme son collègue cédétiste, on en est loin… « Le PDG, on ne l’a toujours pas vu », s’insurgent les grévistes, qui envisagent l’affichage « d’avis de recherche » de leur patron. Ambiance…

Après dix jours de grève,

les salariés viennent de voter ce matin la reprise du travail à Ancenis. Un protocole d’accord a été signé dans ce sens avec la direction.

Les syndicats (CGT et CFDT) et direction ont rédigé un protocole d’accord de fin de conflit social.

Les deux parties se sont mises d’accord sur la base des propositions présentées vendredi : l’intervention de la médiation d’un organisme public, l’Aract (Agence régionale pour l’amélioration des conditions de travail) pour rédiger un cahier des charges afin de consulter des organismes spécialisés dans l’organisation du travail et les conditions de travail ; un étalement des pertes de salaire, dues aux jours de grève sur quatre mois.

      vu dans    Ouest-france

2010: Après 3 jours de grève, les syndicats ont obtenu une hausse des salaires de 2% à partir de janvier. La grève touchait la quasi totalité des ouvriers de la production.

2003: La Fonderie Bouhyer, basée à Ancenis (Loire-Atlantique) et spécialisée dans les contrepoids en fonte a présenté un plan social qui touchera 50 de ses 285 salariés. Selon la direction, ce plan est rendu inévitable en raison d’une baisse de 20 % du carnet de commandes et d’une concurrence internationale, notamment chinoise, de plus en plus vive, tirant les prix vers le bas.

L’annonce de ces licenciements survient moins d’une semaine après la fin d’une grève portant sur des revendications salariales, conflit qui avait paralysé l’usine durant plusieurs jours. Claude Gaudin, délégué CGT, s’interroge.  » La direction invoque une baisse de notre plan de charge alors que nos concurrents de la FMGC, à 40 kilomètres d’Ancenis, doivent réaliser des heures supplémentaires pour faire face à la demande. « 

Depuis le départ en 2000 de Michel Naud, le très médiatique président du directoire qui avait été le premier dirigeant français en 1994 à utiliser le volet défensif de la loi de Robien sur l’organisation du temps de travail, la Fonderie Bouhyer avait retrouvé le chemin des bénéfices et, du coup, celui des investissements (environ 3 millions d’euros sur 2001 et 2002). Un atelier de peinture en cours de construction pourrait notamment lui permettre de récupérer Manitou et TIE, filiale commune à Toyota et Manitou, deux clients potentiels implantés à Ancenis. Bouhyer a réalisé en 2001 un chiffre d’affaires de 36,5 millions d’euros pour un résultat net de 1,15 million.

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