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octobre: à Nantes le personnel de Santé Atlantique est en grève, quel avenir pour les travailleurs de la santé et des patients ?

Désorganisation du secteur de la santé: « nous ne sommes que des numéros sur les plannings, nous travaillons dans un service un jour, puis dans un autre la semaine qui suit, avec des amplitudes horaires qui peut aller jusqu’à 9-10h (voir 12h – vous lisez bien 12 – pour certaines d’entre nous) par jour. Nous sommes des infirmières jetables », un numéro sur une grille. « et il arrive que nous ne connaissons pas nos horaires 3 jours avant! ».Voilà ce que nous pouvons entendre du « malaise social » que peut vivre l’ensemble du personnel de la santé, et plus particulièrement à Nantes, où le personnel de Santé Atlantique est en grève depuis 7 jours. Véritablement se pose la question quel avenir pour les travailleurs de la santé et des patients?

7ème jour de grève:

Cette désorganisation est menée tambour battant sous les gouvernements libéraux ou « sociaux-démocrates ». Les directions administratives sont aux ordres des ARS.  Cette désorganisation est un prélude  à ce qui se jouera pour le futur CHU.

En ce 16 octobre 2018, une grande partie du personnel de Santé Atlantique est en grève. Il dénonce la désorganisation du travail dans les nouveaux locaux de Santé Atlantique qui fait partie du groupe Elsan (groupe leader de l’hospitalisation privée en France), Ce groupe a entrepris de regrouper sur le même site, à Saint-Herblain, la Polyclinique de l’Atlantique, l’Institut de la main (Jeanne-d’Arc), la clinique Saint-Augustin et Sourdille (ophtalmologie).

La santé LOW COST:

Au fil des années, nous avons vu apparaître des disparités croissantes au sein du personnel: des disparités de responsabilité, chaque métier devant se recentrer sur son « cœur de métier », une augmentation du personnel hiérarchique: du n+1 au n+5… avec une envolée des salaires ou des avantages en nature pou les n+3,+4,+5…et un tassement pour les bas salaires, et une augmentation du nombre de personnels travaillant à 50-60% d’un temps complet: les cadres jouant avec des tableaux d’effectifs et d’horaires pour satisfaire à la diminution des recettes de l’hôpital. Ce qui se traduit sur le terrain par: « On nous demande sans cesse de nous adapter. Par exemple on peut nous réclamer la veille de prendre nos RTT (congés) le lendemain »…

Depuis les années 1980, nous avons assisté dans l’industrie à une désorganisation des grandes entreprises au bénéfice de sous-traitants dont nous avons vu avec la crise de 2008 qu’ils sont les premiers touchés lors de celles-ci: Renault avec ses sous-traitants de sellerie, de moteurs, …EDF en ERDF, etc…Avec la disparition de certains CE.

Dans le secteur de la santé, nous voyons au contraire une redistribution des rôles entre le secteur publique et le secteur privé: la médecine libérale venant même au sein des hôpitaux publiques sous formes de consultations. Une fermeture quasi-systématique de petits hôpitaux de campagnes dont un grand nombre de maternité (Carhaix,…). Une accélération de ses regroupements avec la loi de Marisol Touraine avec la création des Groupements Hospitaliers de Territoire. Un rapprochement des EHPAD avec les petits hopitaux.

le personnel de Santé Atlantique est en grèveSur Nantes, la volonté pour la société ELSAN de regrouper différentes spécialités majeurs comme l’institut de la main, Sourdille, « impose d’harmoniser les statuts »: une grève avait déjà eu lieu en juin 2017, le personnel était à bout. « Sans attendre les négociations, le personnel a fait connaître son exaspération « Nous sommes à bout. On a tiré le signal d’alarme à diverses reprises, mais on ne nous entend pas. Ça a fini par déborder. »

« On nous demande sans cesse de nous adapter, d’évoluer dans notre travail »

Les salariés dénoncent le bas niveau des salaires. « Comme agent de service, je perçois 1 100 € net par mois », dit une femme qui sera en retraite dans quelques mois. « Moi, en qualité de brancardier, je touche 1 180 € », ajoute un homme. « Quant à moi, je suis infirmière, j’ai vingt-neuf années d’expérience et mon salaire est de 1 850 € net » Une autre infirmière a calculé que, compte tenu de son temps de travail, son salaire horaire était de 11,20 € !

Au-delà des revendications salariales, le personnel se plaint des conditions de travail.« On nous demande sans cesse de nous adapter. Par exemple on peut nous réclamer la veille de prendre nos RTT (congés) le lendemain, parce que l’activité des médecins a baissé. Certaines collègues sont victimes de burn-out, de dépressions. Il y a sans cesse des réorganisations pour faire des économies. La gestion financière l’emporte sur l’humain. »

Les réformes qui sont faites pour secourir le système de santé malade, ne sont en fait que des contre-réformes allant dans le sens d’une régression sociale, d’une augmentation des inégalités pour le profit de quelques actionnaires, qui pour certains partiront aux USA, ou au Portugal pour ne pas payer d’impôt et qui reviendront vite se faire soigner en France parce qu’ils seront mieux remboursés.

plus d’infos sur http://lecellier.info/resister-2/resistance-ouvriere/sante-rentre-resistance/

 « psychiatrie: l’état d’urgence »:

Dans le même temps où nous voyons un malaise grandir au sein du personnel travaillant dans le secteur de la santé, certains s’avancent pour dire qu’il est en crise: les derniers en date du 13 septembre ne manquent  pas de culot, il s’agit de 2 personnages qui viennent de publier: « psychiatrie: l’état d’urgence ». Alors que nous savons que tout est mis en œuvre par « nos » dirigeants pour désorganiser les structures, pour désunir les différents métiers, pour isoler le personnel,(avec une augmentation de la souffrance au travail, des suicides, serait-ce la même méthode managériale qu’avait utilisée la direction de France-Telecom, soupçonnée d’avoir mis en place une politique de déstabilisation des salariés, entre 2008 et 2009 ?).

Marion Leboyer et Pierre-Michel Llorca, les auteurs de Psychiatrie : l’état d’urgence, sont co-directeurs de la fondation Fondamental, co-éditeur avec l’institut Montaigne de l’ouvrage.  Jusqu’ici, rien de surprenant. La personne qui siège à la tête du conseil d’administration (CA) l’est un peu plus : il s’agit de David de Rothschild, PDG de la banque d’affaires du même nom. Parmi les membres du CA, entre un représentant des hôpitaux de Paris, des représentants d’universités, de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), on trouve aussi la présidente d’une société de conseil en ressources humaines qui travaille essentiellement pour des laboratoires pharmaceutiques, et le PDG d’un groupe privé de cliniques psychiatriques, Sinoué. Le groupe Sinoué, fondé au début des années 2000, possède aujourd’hui une dizaine d’établissements psychiatriques privés en France et en Angleterre. « Le conseil d’administration reflète l’objet de la fondation, qui est d’associer privé et public, répond Pierre-Michel Llorca. Les fondations de coopération scientifiques allient public et privé, c’est leur principe. ».

ELSAN

« Créé en 2000 par Claude Bébéar, fondateur du géant des assurances Axa, l’Institut Montaigne est financé par de très grandes entreprises françaises comme Air France, Bolloré, Carrefour, SFR, Sanofi, Bouygues, Dassault, Orange, Veolia, Vinci, Total, Engie, LVMH, la Banque Lazard ou le Crédit agricole, ainsi que par des entreprises moins connues comme Elsan, le « leader de l’hospitalisation privée en France », dont quelques cliniques psychiatriques privées. » (bastamag) Tient donc comme on retrouve ELSAN.

mardi 10 avril « pourquoi un nouveau CHU? » à 20h à la manu

Dans le cadre des échanges citoyens de la France Insoumise: « pourquoi un nouveau CHU sur l’Ile de Nantes ? »

Issu du regroupement des hôpitaux Hôtel-Dieu et Laënnec, le nouveau CHU de Nantes ouvrira-t-il ses portes comme prévu sur l’île de Nantes, en 2026, à proximité du pont des Trois-Continents ?Ce projet répond-t’il aux besoins de la population ?

  • un projet à rebondissements
  • pour quelle politique de santé?
  • un lieu qui interroge
  • et la démocratie dans tout ça?

pourquoi un nouveau CHU

Pourquoi un nouveau CHU
photo de SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA