Seconde rencontre euroméditerranéenne « l’économie des travailleurs »

Après la première rencontre quiseconde rencontre euroméditerranéenne, l'économie des travailleurs s’est déroulée en 2007 en Argentine et la première rencontre euro-méditerranéenne qui s’est déroulée en 2014 chez les Fralib à Gémenos, cette rencontre dans une entreprise récupérée par ses travailleurs se fondera sur l’échange d’expériences entre certaines coopératives, des cliniques solidaires, des acteurs de formes d’économies collaboratives, dans une optique de développer les luttes pour l’auto-organisation du travail et de tendre vers l’autogestion de l’économie. La « récupération », c’est à dire l’occupation d’entreprises abandonnées et l’autogestion de la production par les travailleur-ses, font partie intégrante de la contre-attaque populaire menée en réponse à la crise générale, comme en Argentine, au Brésil, en Uruguay, au Venezuela et au Mexique. (Sur les enjeux de ces rencontres voir ici l’appel de Patrick Silberstein)

Et pendant ce temps-là, en France, le jeudi 20 octobre 2016, la cour d’appel de Grenoble a rejeté le recours d’anciens salariés du seul fabricant français de barquettes en aluminium, Ecopla, (anciennement filiale de Péchiney)regroupés au sein d’une Scop, qui contestaient le refus de leur offre de reprise de leur entreprise liquidée fin mars.ecopla

« Le recours est irrecevable et l’association (Association des amis d’Ecopla) n’a aucun droit à faire valoir », a déclaré la présidente de la cour devant la dizaine d’ex-salariés présents. « Vous n’êtes plus des salariés. Le moment opportun pour faire appel était le moment de la liquidation », a poursuivi la présidente, s’adressant directement à eux. A l’audience, début octobre, le ministère public avait requis l’irrecevabilité de ce recours des anciens salariés…(Voir article de l’HUMA). Si les salariés disposaient d’un droit de préemption, la barquette d’alu Ecopla ne risquerait pas d’être mangée à la sauce capitaliste.

L’exemple de Vio.Me.:Occuper, résister, produire

Viomichaniki Metaleftiki (Vio. Me. : Βιομηχανική Μεταλλευτική) est une entreprise spécialisée dans la production de matériaux de construction, d’aménagement et d’isolation. Filiale de Philkeram-Johnson (le plus ancien et le plus important producteur de matériaux de construction en Grèce) appartenant à Giorgos Filipou, elle est basée à Thessalonique et emploie entre 60 et 70 travailleurs.

Sur la période 2000-2006, Vio.Me. était une entreprise florissante affichant une progression du chiffre d’affaires de 139% et des profits de 118%. Cette tendance s’est retourné en 2010 à la suite du transfert d’une dette de près de 2 millions d’euros de l’entreprise-mère vers la filiale. En mai 2011, l’entreprise-mère dépose le bilan, ce qui n’est pas le cas de sa filiale. Pourtant, la direction de Vio.Me. décide la cessation de paiement des salaires et le lock-out de l’usine, sous le prétexte d’un manque des fonds. Depuis cette date (mai 2011), les revenus (indemnisations) des travailleurs / ouvriers en arrêt de travail s’élèvent à 359 euros/mois.

En juillet 2012, ils décident d’explorer la piste de l’autogestion sous le mot d’ordre « Vous ne le pouvez pas ? Nous, nous le pouvons ! » en réponse à la direction ayant déclaré qu’elle ne peut pas procéder à la réouverture du site.. Depuis, ils produisent de produits de nettoyage écologique, et c’est dans cette usine occupée, que se tiendra  ces deuxièmes rencontres euroméditerranéennes: « l’économie de travailleurs ». (programme ici). La Grèce est depuis six ans un laboratoire des politiques néolibérales d’austérité ; ce sont ces mêmes politiques qui sont à l’origine de la crise systémique et qui sont aujourd’hui présentées comme des «solutions» alors qu’elles ont déjà voué une grande partie de la population à la pauvreté et au chômage. La Grèce a aussi été un laboratoire d’expérimentations sociales et de résistances fondées sur la solidarité et les initiatives à caractère sociale…(suite ici)

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